Instrument à corde

Sitar

Le sitar est un instrument à corde pincées, luth à manche long typique de la musique hindoustanie. La simple version à trois cordes, dérivée du tambur perse, a été modifiée au fil des siècles. Au XVIIIe siècle, une quatrième corde fut ajoutée, puis au XIXe siècle, les tarafscordes sympathiques, et la forme imposante, pour jouer dans les durbar, les cours royales. 

Composé d’une caisse de résonance hémisphérique en gourde (tumba) et d’un large manche creux (taillé dans du tun ou du teck), muni de frettes argentées courbes et amovibles, sur l’arrière duquel est fixé un petit résonateur en bois, le sitar est un luth complexe. De multiples influences lui ont ajouté les cordes de bourdons rythmiques cikârî, comme sur le bîn, puis des cordes sympathiques. Il dispose de deux chevalets plats, permettant le buzz caractéristique (jawari) des instruments indiens. Le principal, sur pied, est situé au-dessus de l’autre et porte les cordes de jeu et de bourdon, tandis que le plus petit porte les cordes sympathiques. Enfin, c’est un instrument très décoré, par des appliques d’os ou d’ivoire sur le manche, et des bas-reliefs sur les résonateurs. Des petites perles permettent aussi un accord fin.

Les cordes non sympathiques se répartissent en 2 à 4 cordes de jeu et 2 à 4 cordes de bourdon, soit de 6 à 8 cordes en tout. La présence ou non de cordes de jeu graves distingue deux principaux types de sitar.

Jeu

On en joue assis en tailleur par terre : l’instrument, calé sous le coude droit, repose par terre (parfois sur le pied). Comme la guitare flamenco, il se tient à l’oblique (et non droit ou couché comme la tampura). Le sitariste use d’un onglet de métal (mezrab) sur l’index droit pour pincer les cordes. Il le fait en posant d’abord son pouce sur le bas du manche, juste en haut de la calebasse principale. Puis, dans un mouvement de va-et-vient (à la manière de son ancêtre le setar), il joue alternativement les cordes principales et rythmiques.

Il existe bien des techniques d’ornement (comme les krintans) spécifiques. Le petit doigt de la main gauche caresse aussi parfois les cordes sympathiques. La technique évolue encore aujourd’hui.

Extrait de Pandit Kushal Das


Dilruba

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Le dilruba (le son du cœur) est une vièle apparue au XIX en Inde, alors que les joueurs de sarangi se faisaient rares et que les maharajas s’efforçaient de créer des orchestres à cordes calqués sur le modèle occidental. C’est un instrument à cordes frottées, synthèse du sitar et du sarangi, conçu pour les joueurs de sitar, qui peuvent facilement s’y adapter. 

La dilruba a une caisse de résonance taillée dans du bois massif de mûrier ou de tun. De forme rectangulaire, elle est recouverte d’une peau de chèvre sur laquelle repose un renfort et le chevalet. La forme rappelle celle du sarangi. Un manche creux très large et très long y est accolé, muni de frettes métalliques convexes amovibles, placées comme sur le sitar. Certains instruments sont décorés de marqueterie et d’ivoire.

Il y a quatre cordes principales pouvant être frottées, dont l’une sert de corde de jeu principale et l’autre ne sert que de bourdon ; sous les frettes passent 15 cordes sympathiques, dont la majorité sont fixées le long du manche sur un support externe, le reste passant sur un chevalet plat en haut du manche et étant fixées sur la tête.

jeu

On en joue assis traditionnellement en tailleur par terre, l’instrument reposant sur les chevilles, et l’épaule gauche. L’archet est plus léger et plus moderne que celui du sarangi, plutôt concave, et tenu paume vers le ciel. Mad Sheer Khan en joue debout.

On peut y jouer la musique indienne classique, les râgas, en solo, mais il est surtout connu en tant qu’instrument d’accompagnement d’autres solistes

Extrait de Ustaad Ranbir Singh Ji 

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